La découverte de l'amour
Lorsque je me réveillais au petit matin, j'eus un sourire en découvrant Marc, affalé lui aussi sur le canapé. En somme, je n'étais pas la seule à me sentir bien ici.
Par la baie vitré, cette immense baie vitré qui remplace le mur, je regardais l'horizon. Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais chez moi au Canada. Pourtant j'étais née en France, je n'avais aucun lien de parenté avec ce pays. C'était étrange. Quand j'étais vraiment chez moi, je n'en avais pas l'impression, et lorsque j'étais au Canada je m'y sentais bien. J'avais l'impression d'avoir toujours connu ce ciel plus bleu qu'en France, ce soleil plus doux et ces étendues d'herbes folles. J'avais l'impression de connaître cet accent particulier, sans avoir jamais connu de Canadien avant Thierry.
Quand tout le monde fut debout, j'expliquai a Thierry qu'aujourd'hui je voulais emmener Marc au biodôme et lui demandait quel bus il fallait prendre pour aller là-bas, à Montréal. Une fois bien renseignée nous nous mîmes en route et j'expliquais brièvement à Marc que c'était le monde animal sous verre. Le but n'était pas forcément de voir les animaux même si je les adorais, mais de sortir un peu. Il y avait environ deux heures de route et l'occupation que nous avions trouvé été d'écouter mon mp3 tout simplement. Arrivé là-bas, nous effectuions notre visite, moi comme toujours ébahie devant tant d'animaux. En milieu d'après midi, comme le bus était tard le soir, nous avons décidé de visiter un peu Montréal. Cette ville est immense et je ne me souvenais absolument plus de là où nous emmenait Thierry, mais un peu d'aventure ça faisait du bien aussi. Nous sommes tombés sur un parc et cela me rappela une mésaventure de noël 2005: les écureuils venaient nous manger dans la main et à un moment il y en avait un qui avait pris mon doigt pour de la nourriture. D'ailleurs j'avais toujours la marque sur mon pouce.
Là, nous nous sommes assis sur un banc. "Brr, qu'est-ce-qu'il fait froid ici", pensais-je. J'avais dû penser trop fort parce que Marc avait compris que j'avais froid, il me prit tendrement dans ses bras, et je mis ma tête sur son épaule. Nous étions bien là, serrés l'un contre l'autre, et à mesure que le temps passait, un sentiment nouveau naissait en nous. Même si nous avions conscience des sentiments de l'autre, personne ne parla, nous en savions beaucoup sur l'autre maintenant, mais lorsque nous descendîmes du bus, Marc me prit la main et m'embrassa tendrement. C'était tellement bien! Nous entendîmes un raclement de gorge, c'était Thierry. Nous étions tout rouges mais heureux. Thierry nous reconduisit à son "Chat laid résineux" et durant le trajet, nous demanda depuis quand nous sortions ensemble. Personne ne répondit mais il ne forçat pas plus. Nous étions si heureux!
Arrivé au chalet, Thierry nous prépara à manger puis nous regardâmes la télévision. Il avait loué "Antartica, prisonnier du froid", un de mes films préférés. Par contre ce film se passe en Antarctique, dans le froid, mais Marc était là. Nous étions si heureux l'un contre l'autre, Marc d'avoir trouver quelqu'un qui l'aimait et moi d'avoir trouver quelqu'un de si bien, quelqu'un qui m'aimait vraiment. Encore une fois, nous nous endormîmes sur le canapé, et Thierry devait se demander pourquoi il s'était donné la peine de faire deux lits au rez-de-chaussé alors que nous ne les utilisions pas. Au matin, à table, vint cette question: dans 3 jours, c'était Noël, qu'allions-nous faire? En effet, nous ne nous en étions pas préoccupés, mais nous n'avions jamais passé Noël en dehors de notre famille, sans aucune personne familiale autour de nous. Mais qu'importe, passer Noël avec Marc et Thierry ne me dérangeait absolument pas, mais je ne pouvais pas lire les pensées de Marc à cet instant. Peut-être voulait-il retourner chez lui, après tout il n'étais pas dans la même situation que moi. Il étais partis de chez lui peut-être sans raison valable, si ce n'est d'être avec moi, tandis que moi j'étais partie pour retourner voir Thierry et le Canada, puisque mes parents me l'avait interdit alors que j'étais extrêmement attachée à ce pays.
Nous sommes ensuite allés faire du patin à glace, nous nous sommes bien éclatés, au sens figuré comme au sens propre, et nous sommes rentrés avec des bleus plein les fesses. Marc n'avait jamais essayé ce sport et moi je n'en faisait pas souvent. Il me restait des réflexes en mémoire, mais cela suffisait pour s'éclater.
A midi, nous rentrâmes car pour rien au monde nous n'aurions manquer un repas, Marc surtout, lui qui dévorait toujours mais qui ne prenait pas un gramme parce qu'ils faisait beaucoup de sport. Je l'aimais comme ça mon Marc: musclé, super sympa, marrant et mignon. Exactement le type d'homme qu'il me fallait! L'après midi, nous sommes restés au chalet, occupés à déneiger le chemin pour faire une piste de luge. Cela me rappelait les autres Noël.
A la fin de la journée, Thierry nous demanda si nous avions pris notre décision pour celui-ci. Je répondis que c'était sûr que je restais, et Marc annonça à ma plus grande joie qu'il voulait rester avec moi. Nous passerions donc Noël ensemble au Canada. En ce moment, je vivais sur un petit nuage, j'étais dans mon pays préféré et en plus j'y étais avec quelqu'un qui comptais énormément pour moi. Nous étions partis amis, et maintenant nous découvrions ensemble un nouveau sentiment: l'amour. Que du bonheur. Lui n'avait jamais eu de petite amie avant moi, il découvrait donc pour la première fois la vie à deux, moi j'avais déjà eu quelques petits copains mais ça n'avait jamais été comme avec lui. Avec lui j'avais l'impression de redécouvrir ces sensations, cette joie d'être ensemble et ce déchirement lorsque celui que l'on aime et loin de nous.
Marc était quelqu'un de bien, il n'appartenait pas à moi de le décrire aussi profondément, mais je pouvais néanmoins dire qu'il ne faisait pas partis de ceux qui pensent que le physique est tout ce qui compte. Je pensais alors que nous nous étions bien trouvés car notre vision de cela était à peu près la même, et c'est pourquoi nous étions si bien ensemble.
Ce soir-là, Thierry nous prépara une fondue. Je ne connaissait personne qui en faisait de meilleure que lui! Ensuite, comme il avait allumé la cheminée, nous nous mîmes sur le canapé, au coin du feu. Un peu de musique et l'ambiance de Noël fut vite là. Il monta dans sa chambre en nous laissant dans notre coin de paradis. D'ailleurs il avait défait un des lits du rez-de-chaussée, puisque le canapé avait le privilège de nous accueillir toutes les nuits.
Le sapin avait été fait, les lumières accrochées au chalet... Noël allait être magnifique cette année. Marc se tourna vers moi et m'embrassa tendrement. J'eus un frisson de bonheur, il me serra plus fort dans ses bras. A ce moment j'aurais pu défier la terre entière, je me sentais forte et intouchable. Il se pencha vers moi et m'embrassa encore et encore. Je mit ma tête sur lui et il me murmura des mots doux à l'oreille. Heureuse, je m'endormis sereinement dans les bras de celui que j'aimais. Une nuit marquée de rêve de bonheur...